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Rock&World : Parcours
       
KING CRIMSON
   
Personnel au fil des ans

 

The Cheerful Insanity Of Giles, Giles & Fripp
(1968)
- Michael Giles
- Peter Giles
- Robert Fripp

In The Court Of The Crimson King
(1969)
- Robert Fripp
- Ian McDonald
- Greg Lake
- Michael Giles
- Peter Sinfield

In The Wake Of Poseidon
(1970)
- Robert Fripp
- Greg Lake
- Michael Giles
- Peter Giles
- Keith Tippet
- Mel Collins
- Gordon Haskell
- Peter Sinfield

Lizard
(1971)
- Robert Fripp
- Mel Collins
- Gordon Haskell
- Andy McCulloch
- Peter Sinfield

Avec Jon Anderson (Yes)
en invité sur un titre

Islands
(1972)
- Robert Fripp
- Mel Collins
- Boz
- Ian Wallace
- Peter Sinfield

Earth Bound - live -
(1972)
- Robert Fripp
- Mel Collins
- Boz
- Ian Wallace

Lark's Tongues In Aspic
(1973)
- David Cross
- Robert Fripp
- John Wetton
- Bill Bruford
- Jamie Muir

Starless And Bible Black
(1974)
- David Cross
- Robert Fripp
- John Wetton
- Bill Bruford

Red
(1974)
- Robert Fripp
- John Wetton
- Bill Bruford

USA - live -
(1975)
- Robert Fripp
- David Cross
- John Wetton
- Bill Bruford

Discipline
(1981)
- Adrian Belew
- Robert Fripp
- Tony Levin
- Bill Bruford

Beat
(1982)
- Adrian Belew
- Robert Fripp
- Tony Levin
- Bill Bruford

Three Of A Perfect Pair
(1984)
- Adrian Belew
- Robert Fripp
- Tony Levin
- Bill Bruford

Thrak
(1995)
- Robert Fripp
- Adrian Belew
- Bill Bruford
- Tony Levin
- Trey Gunn
- Pat Mastelotto

The Construkction of Light
(2000)
- Robert Fripp
- Adrian Belew
- Trey Gunn
- Pat Mastelotto

The Power To Believe
(2003)
- Robert Fripp
- Adrian Belew
- Trey Gunn
- Pat Mastelotto
 
"Giles, Giles & Fripp" apparaît à Boumemouth (Dorset, UK) en 1967. Le trio associe les frères Giles, Peter (basse) et Michael (batterie/chant), au guitariste Robert Fripp. Ils débarquent à Londres sans pouvoir s'installer dans l'univers rock du moment.

En juin '68, Ian Mc Donald et l'ex-chanteur de "Fairport Convention", Judy Dyble, rejoignent le groupe, qui signe chez Deram Records. Peter Sinfield, jusqu'alors technicien de la lumière, se mue en parolier, avec une tendance marquée pour le surréalisme. Dès cette époque, un départ est à noter, celui de Dyble. En septembre sort un premier lp intitulé "The Cheerful Insanity of Giles, Giles & Fripp" dans une relative indifférence, ce qui entraîne la dislocation du groupe.

Janvier 1969 voit le départ de Peter Giles, tandis que les "rescapés" de la formation initiale se rebaptisent "King Crimson" et recrutent Greg Lake, issu du groupe "The Gods". Robert Fripp et ses amis "s'échauffent" à Newcastle, en avril, sous le nom de "Giles, Giles & Fripp". Ils préparent en fait le premier concert de "King Crimson", au "Speakeasy" de Londres, avant de s'installer durablement au célèbre "Marquee Club". Chance considérable, "King Crimson" se voit offrir l'opportunité de participer en juillet au méga-concert des "Rolling Stones", à Hyde Park, devant 650.000 personnes ! Les choses s'enchaînent : un lp auto-produit, "The Court of the Crimson King" sur Island qui atteint la cinquième place des charts en Grande-Bretagne ; puis, une tournée américaine de 18 dates qui débute au Goddard College de Plainfield (Vt.). Malgré ces signes plus qu'encourageants de réussite, à peine le groupe est-il revenu en Angleterre que Ian Mc Donald et Michael Giles s'en vont.

Et pourtant, la carrière de "King Crimson" est suffisamment bien lancée pour que, en février 1970, leur lp gravisse le box office américain jusqu'à la vingt-huitième place. Tout au long de son existence, le groupe ne cessera de subir d'incessants changements de personnel. En mars, c'est Lake qui part, pour fonder le bien connu "Emerson, Lake & Palmer". Réduits à un duo, Fripp et Sinfield engagent quelques amis pour enregistrer un deuxième lp : "Wake of Poseidon". Ils travaillent parallèlement avec les frères Giles et le jazzman Keith Tippett. Quand Robert Fripp est invité à se joindre au mythique groupe "Yes", il préfère décliner l'offre et reformer "King Crimson". Pendant les sessions d'enregistrement de "Wake of Poseidon", Fripp et Sinfield jettent leur dévolu sur le chanteur/bassiste Gordon Haskell (ex-Fleur de lys) et le saxophoniste Mel Collins (ex-Circus). Leur lp sera quatrième des charts anglais. Andy Mac Culloch rejoint la formation en tant que batteur... mais la quitte quelques mois plus tard, ainsi que Haskell, alors qu'un troisième album est en train de naître et que le deuxième gagne ses lettres de noblesse outre-atlantique. Pour assurer les prestations en public, il est indispensable d'avoir un nouveau batteur, qui sera Jan Wallace et un nouveau bassiste, Boz Burrel, initialement recruté comme chanteur. On constate que dès le début "King Crimson" a puisé ses membres dans ce qui se fait de mieux en matière de techniciens-musiciens. Une propension qui se confirmera tout au long de la carrière du groupe.

Troisième album de "King Crimson", "Lizard" atteint, en janvier 1971, la trentième place des charts UK. En plus du remaniement qu'a connu le groupe durant son enregistrement, il faut signaler la présence sur ce vinyl de Keith Tipett, déjà évoqué, et du chanteur de "Yes", Jon Anderson. "Lizard" sera cent treizième des hits américains. Cette année marque aussi le retour du "roi Crimson" à la scène, dont il était absent depuis 1969, avec quatre dates en Allemagne de l'Ouest puis des tournées, en Angleterre et aux Etats-Unis. A la fin de l'année, Robert Fripp souhaite retrouver son autonomie afin de réaliser ses projets personnels : produire le premier album de "Roxy Music" et écrire pour lui-même.

1972 est l'année d'une réussite, celle de l'album "Islands", bien apprécié par le public, mais aussi celle d'une reconsidération de la composition du groupe, jusqu'à voir même Robert Fripp reprendre en main les rênes de "King Crimson" et rechercher de nouveaux collaborateurs. Boz Burrel part co-fonder "Bad Company". Robert Fripp, de son côté, engage Bill Bruford (ex-"Yes" et "Savoy Brown") à la batterie, John Wetton (ex-"Family" et ami d'enfance) à la basse, Jamie Muir aux percussions et David Cross à la flûte et au violon. Cette association durera plus de trois ans, exception faite de Muir qui part début '73 pour entrer dans un monastère tibétain et ne sera pas remplacé.

Avril '73 correspond au succès de "Larks' Tongues In Aspic", atteingnant la vingtième place dans les charts UK. Il est considéré comme le meilleur effort vinylographique du groupe, agrémenté de paroles fortes et audacieuses écrites par Richard Palmer-James. Quant à la carrière solo de Robert Fripp, elle se concrétise par une première collaboration avec Brian Eno (ex-Roxy Music) et l'album "No Pussy Footing".

Un nouvel album du groupe sort en 1974 : "Starless and Bible Black", qui est bien reçu, par le public tant anglais qu'américain. "King Crimson" décroche même 38 dates pour une tournée à domicile. Pourtant, quand "King Crimson" se produit au Central Park de New-York en mai, c'est pour la dernière fois sous cette forme car peu après Cross, puis Wetton qui rejoint "Uriah Heep", s'en vont. En octobre, Robert Fripp annonce officiellement la dissolution du groupe, alors que sort "Red", tel un album posthume.

"King Crimson" est-il mort ? En 1975, Robert Fripp travaille avec Brian Eno à un second album : "Evening Star". L'ombre du "roi" plane encore avec la sortie d'un album live, "USA", enregistré lors de la tournée américaine de l'année précédente. "Sa Majesté Crimson" fait toujours parler de lui en '76, grâce à une rétrospective en double LP de la carrière du groupe : "A Young Person's Guide to King Crimson", comprenant deux enregistrements inédits et un livret. Cette fois sans collaboration notable, Fripp s'expose lui-même avec "Exposure", nouvel épisode de sa carrière en solitaire.

Il faudra attendre 1980 pour connaître la suite des aventures de Robert Fripp en solo, sous le titre de "God Save the Queen / Under Heavy Manners", un album sans parole, caractérisé par une instrumentalisation de son invention baptisée Frippertronics, qui crée un style plus que personnel. Mais Fripp, expérimentateur né, ressent toujours le besoin de s'associer à d'autres, en l'occurrence, à Barry Andrews (de XTC, aux claviers), Sarah Lee (basse) et Johnny Toobad (batterie) pour le projet "The League of Gentlemen" et l'album "Heptaparaparshinokh", remarquable pour la face B, solo de Fripp. Quid de "King Crimson"?...

L'année suivante, Robert Fripp et Bill Bruford forment "Discipline" avec Tony Levin (connu pour avoir joué avec John Lennon et Peter Gabriel) en tant que bassiste, et Adrian Belew (qui travailla avec Frank Zappa et "Talking Heads") comme chanteur-guitariste. Le groupe tourne deux mois durant en Angleterre et ailleurs en Europe, reprenant le répertoire de "King Crimson" et y mêlant ses propres morceaux. Mais, coup de théâtre à la cour du roi Crimson : alors que la formation "Discipline" sort un premier album, ses membres décident de reprendre le nom mythique ! Le souverain en dormance depuis 1974 reprend le pouvoir et si l'album qui voit alors le jour s'appelle bien "Discipline", le nom du groupe de Fripp et Bruford redevient "King Crimson".

La résurrection royale produit un nouvel album en 1982 : "Beat", et, en 1984 : " Three of a Perfect Pair", bien que des dissensions soient encore apparues et que le groupe ait à nouveau connu des remises en question.

Robert Fripp apparaît comme le pivot de "King Crimson". Né en 1946 à Wimborne, dans le Dorset, il est considéré comme une des figures emblématiques de la scène musicale anglaise des années '70 et '80. Artiste d'avant-garde, il a su se nourrir de tous les grands courants musicaux du vingtième siècle, apportant au rock un sang neuf, inspiré, transcendant. Visionnaire, il s'est associé à nombre d'autres artistes non encore évoqués tels Peter Hammill (Van der Graaf Generator), Chris Stein (Blondie), David Bowie, Andy Summers (the Police), David Sylvian (ex-Japan). Producteur de Roxy Music, il soutient aussi "the Roches". Il renouvelle son expérience avec "the League of Gentlemen",... En fait, il ne s'arrête jamais !

"King Crimson" est devenu une légende et ce, malgré toutes les vicissitudes rencontrées au fil des ans et rien ne lui a été épargné : changements de personnel à répétition, traversée du désert,... Cette formation époustouflante, du style "progressif", et au-delà, fête l'an 2000 par la sortie de "the Construkction of Light". Elle réunit Robert Fripp, Adrian Belew, Trey Gunn et Pat Mastelotto, une nouvelle équipe, une fois de plus !

 

Mais, comme nous le dit Robert Fripp :
"Personnellement, je considère "King Crimson" comme un esprit qui va de corps en corps".

MH


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mai 2004